25ème congrès de l'AFPEN

Montpellier 2017

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De l’Enfant pensé…

...à l’Enfant pensant

Un chemin aléatoire.

L’Enfant arrive au monde déjà sujet car porté par la parole et inscrit dans une histoire. Il construit son rapport au monde dans les premières interactions avec ses proches, d’abord avec son corps, puis avec son langage. En grandissant il s’y ajuste ou parfois s’y fragilise.
L’école, lieu de socialisation et d’accès à la connaissance, est un passage qui peut révéler ou réactiver un sentiment d’insécurité. Angoisse accueillie et parlée, qui permet le plus souvent à l‘enfant de s’inscrire dans cette communauté, avec ses règles et ses épreuves, et devenir autonome pour penser le monde. L’école remplit alors ses missions en restant ce lieu de bienveillance où l’enfant se développe tant sur le plan cognitif qu’affectif ! Mais souvent, malgré cet accueil et cette bientraitance, l’école devient pour certains un lieu très contraignant, difficile à appréhender et qui les éprouve.
Force est de constater dans les écoles depuis quelques temps, une évolution car des enfants de plus en plus nombreux restent, tout au long de leur parcours, dans une expression du « tout corps » qui risque de fragiliser leur capacité de re-présentation, d’inhiber la construction de la pensée et de perturber les apprentissages. Cette mise en acte ou ce mutisme peut altérer leur curiosité et leur ouverture aux autres, leur désir d’apprendre…. L’école devient alors pour certains d’eux le théâtre de difficultés plus ou moins sonores.

La place du psychologue est essentielle pour décoder le sens de ces bruits ou de ces silences et comprendre pourquoi la pensée de ces enfants est empêchée.
Comment travailler avec eux et les guider face à un monde de l’immédiateté, de l’image, de l’avoir, du consumérisme et des hyper- activités, un monde où l’émotion et le passage à l’acte prennent le pas sur le penser ?

Comment aider l’enfant à sublimer cette énergie psychique, physique, émotionnelle, pour l’accompagner vers un désir de curiosité singulière, vers une meilleure tolérance à la frustration et lui permettre ainsi de devenir Sujet pensant, capable de rêver, d’imaginer sa place dans le monde et son rapport aux autres ?

Comment le psychologue de l’Éducation participe-t-il à l’élaboration d’un cadre symbolique protecteur pour ces enfants en lien avec les équipes, les partenaires et en alliance avec les familles ?

Ce 25 ème congrès, nous l’espérons, nous permettra de croiser les regards, multiplier les approches afin d’élargir le chemin qui mène l’enfant à sa pensée…