25ème congrès de l'AFPEN

Montpellier 2017

Conférence simultanée vendredi 22 septembre de 10h15 à 11h

Daniel Favre

est Docteur d’État en Neurosciences et Docteur en Sciences de l’éducation.
- Professeur des Universités en Sciences de l’Éducation, enseignant-chercheur à la Faculté d’Éducation à l’ESPE - Université de Montpellier, responsable de la composante « Didactique et Socialisation » jusqu’en décembre 2014 dans le cadre du laboratoire interdisciplinaire de recherche en didactique, éducation et formation E. A. 3749.
- Son passé de neurobiologiste et ses recherches en sciences de l’éducation lui permettent une approche multi-référentielle des liens existant entre l’échec scolaire et la violence scolaire.
- Ses recherches ont porté

  • De 1975 à 1991 : en neurosciences sur la plasticité du système nerveux.
  • De 1991 à 2016 : en sciences de l’éducation sur la dimension affective de l’apprentissage.
    JPEG - 89.1 ko
    Daniel FAVRE

- Il est l’auteur de :

  • Favre D. (2007, 2013) Transformer la violence des élèves, cerveau, motivations, apprentissage, Ed. Dunod, Paris.
  • Favre D. (2013) L’addiction aux certitudes – ce qu’elle nous coûte et comment en sortir. Ed. Yves Michel, 05000 Gap
  • Favre D. (2015) Cessons de démotiver les élèves, 19 clés pour favoriser l’apprentissage. Ed. Dunod, Paris (nouvelle édition).
  • Favre D. (2016) L’éducation à l’incertitude – Enseignants, élèves : comment sortir du piège du dogmatisme, Ed. Dunod, Paris.

Pour se représenter un élève comme un « sujet en devenir »

doté de trois systèmes de motivation complémentaires et antagonistes

- Chacun, et plus encore les éducateurs et les enseignants, possède une théorie souvent implicite de ce qui motive ou démotive les élèves. Ces théories se reflètent dans notre langage quotidien. Ainsi les notes ne sont pas « hautes » ou « basses » mais « bonnes » ou « mauvaises » traduisant la « carotte » et le « bâton » inventés par les psychologues comportementalistes. Or souvent dans les théories behavioristes la question relative à l’existence d’un sujet est remplacée par une autre plus pragmatique : comment motiver un individu pour obtenir de lui les comportements attendus. Ce qui peut placer ainsi l’élève en position d’ « objet ».

- Nos travaux de recherche montrant la réversibilité de la violence et de l’échec scolaire ont permis de mettre l’accent sur un changement de système de motivation dominant.

- D’où l’intérêt de pouvoir se représenter un élève comme un sujet en devenir dont l’éducation va pouvoir lui permettre d’utiliser ses potentialités neurobiologiques d’autorégulation.

- « Penser ce qu’il ressent » et faire des choix un peu plus conscients sera possible pour un élève quand son environnement éducatif lui permettra d’identifier en lui sa motivation de sécurisation, sa motivation d’innovation et sa motivation d’addiction.

- En revanche, si les élèves adoptent assez facilement et rapidement ce modèle complexe des motivations, il semblerait que les adultes ont un deuil à faire : celui de leur représentation d’un élève plus conçu comme un « vase à remplir » que comme un sujet pouvant s’autoréguler et en devenir tout au long de sa vie.

retour au programme du congrès