25ème congrès de l'AFPEN

Montpellier 2017

Conférence plénière vendredi 22 septembre de 9 h 00 à 10 h 00

Hélène ROMANO

Psychologue clinicienne
Docteur en psychopathologie clinique-HDR,
Psychothérapeute spécialisée dans la prise en charge des blessés psychiques.

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Hélène ROMANO

- Elle est l’auteur de :

  • Romano H. (dir.) Pour une école bientraitante. Au-delà des risques psycho-sociaux : être élèves et enseignants, aujourd’hui. Paris, Dunod, 2016.
  • Romano H. Harcèlement en milieu scolaire. Victimes, auteurs, que faire ? Paris : Dunod, 2015.
  • Romano H. Gonzalez J. ABCDAIRE de la survie en milieu scolaire. Paris : Hachette, 2015.
  • Romano H. Ecole, sexe et vidéo. Paris : Dunod, 2014.
  • Romano H. Vade-mecum des psychologues. repères éthiques, déontologiques administratifs et juridiques. Préface de Régine Scelles. Toulouse : Erès, 2014.
  • Romano H. L’enfant face au trauma. Préface de B. Cyrulnik. Paris : Dunod, mars 2013.
  • Romano H. L’enfant et les jeux dangereux. Paris : Dunod, 2012.
  • Romano H. Dis c’est comment quand on est mort ? Accompagnement des enfants sur le chemin du chagrin. Préface de Marie-Rose Moro. Grenoble : La Pensée sauvage, 2009.
    Romano H. (dir). Accompagner le deuil en situation traumatique. Paris : Dunod, 2015.
    Romano H. (dir.) Aide-mémoire de l’urgence médico-psychologique. Préface de Marie-Rose Moro. Paris : Dunod, 2013.
    Romano H., Baubet T. (dir.) L’école face au traumatisme et à la violence. Grenoble : La pensée sauvage, 2011.

Blessures de vie et empêchement de penser : sortir du déni


- Si la réalité des événements traumatiques est aujourd’hui reconnue, les incidences ce ceux-ci dans la vie des impliqués et en particulier des enfants, restent fort méconnues. Agressions graves, maladies graves, accidents, harcèlement scolaire, deuil, confrontation à la mort, perte brutale : les événements traumatiques ne manquent pas dans la vie d’un enfant.
- Mais il reste difficile de comprendre, pour une grande part de la population y compris des professionnels, qu’ils puissent y avoir des répercussions majeures et durables dans la vie d’un enfant. Ou, plus précisément, les adultes restent ancrés sur l’idée que seuls les très jeunes enfants sont justement trop petits pour comprendre et que leur immaturité cognitive et psychoaffective les protégerait tandis que les plus grands s’exprimeraient nécessairement avec des troubles d’adultes et immédiatement.
- Or la clinique du psychotraumatisme est complexe : les troubles ne sont pas corrélés à la gravité pénale ou matérielle des faits ; leur expressivité n’est pas linéaire et la mémoire traumatique ne permet pas une mise en récit des faits subis. Cette représentation adultomorphe conduite à un déni des troubles post-traumatiques des enfants et à des interprétations erronées. Pour exemple des crises clastiques réactionnelles sont traduites comme des colères ou des caprices ; une agitation motrice incoordonnée réactionnelle se trouve étiquetée d’hyperactivité ; une hypervigilance et des difficultés mnésiques relationnelles sont présentées comme des troubles des apprentissages, etc. La blessure psychique a non seulement des répercussions physiologiques majeures en particulier au niveau neuro-cognitif, mais également dans la sphère psychoaffective. Ne pas les reconnaître, voire les dénier, conduit à stigmatiser tous ces enfants en état d’agonie psychique.
- L’empêchement de penser a des causes endogènes et exogènes plurielles. Parmi celles-ci se trouve en bonne place celles liées aux troubles post-traumatiques. Ne pas comprendre l’empêchement de penser pour ce qu’il peut être (un symptôme réactionnel), c’est condamner l’enfant à une souffrance intrapsychqiue autant qu’intersubjective car ses difficultés ne manqueront pas d’avoir des répercussions dans ses liens avec son entourage (famille, pairs, enseignant).
- Notre propos visera à présenter toute la spécificité de l’empêchement de penser relationnel à un événement traumatique et les modalités de prise en charge auprès de l’enfant.

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