25ème congrès de l'AFPEN

Montpellier 2017

Célia MAINTENANT, Valérie BARBE

Célia MAINTENANT, Maître de Conférences, UFR d’Arts et Sciences Humaines, Responsable de la mention Licence de Psychologie, Psychologie des Ages de la Vie (PAV)

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Valérie BARBE, Maître de conférences en psychologie cognitive à l’Université d’Angers


Influence du mode de garde et des capacités d’inhibition sur le développement de la théorie de l’esprit

- Le premier objectif de notre recherche est d’évaluer l’influence du mode de garde antérieur à la scolarisation des enfants (assistante maternelle, crèche familiale, crèche collective…), comparativement à la fratrie, sur le développement de la théorie de l’esprit. Différentes recherches ont explorées l’influence de la fratrie (nombre de frères et sœurs, âge et genre) sur le développement de cette capacité à attribuer des états mentaux à autrui (Astington, 2003 ; Hugues & Leekman, 2004). Cependant les résultats sont aujourd’hui contradictoires (Carlson & Moses, 2001 ; Peterson & Slaughter, 2003) et controversés (Nader-Grobois, 2011). Nous souhaitons nous intéresser à l’influence du mode garde, partant du principe que les enfants passent au moins autant de temps, si ce n’est plus, au contact des enfants avec lesquels ils sont gardés au quotidien qu’avec leurs frères et sœurs. Pour cela nous rencontrerons des enfants de 3 à 5 ans scolarisées en maternelle et leur proposerons cinq épreuves (Nader-Grobois, 2011 ; Raymond et al., 2010) évaluant différents aspects de la théorie de l’esprit, impliquant des notions telles que l’interprétation des désirs d’autrui, l’attribution de croyances et la tromperie.
Notre second objectif sera d’explorer l’influence des capacités d’inhibition avec une nouvelle approche. Différentes recherches tendent à montrer l’influence des capacités d’inhibition sur les performances en théorie de l’esprit (Carlson et al., 2002, 2004 ; Petrashek & Friedman, 2011). Sur cette base nous nous sommes interrogées sur la possibilité de réduire le cout d’inhibition au sein des épreuves de théorie de l’esprit en ajoutant des questions dites « de réalité » ayant pour objectif de permettre aux enfants d’exprimer leurs propres connaissances de la situation avant de réfléchir et s’exprimer sur le point de vue d’autrui. Cette expression de leurs connaissances pourrait ainsi leur permettre de réussir les épreuves de théorie de l’esprit plus précocement que dans leurs versions classiques, c’est-à-dire sans cette question de réalité. Pour tester cette hypothèse nous comparerons les performances de deux groupes d’enfants de 3 à 5 ans, l’un passant les 5 épreuves de théorie de l’esprit dans la condition classique, l’autre passant les mêmes épreuves auxquelles une question de réalité aura été ajoutée. Nous proposerons également à tous les participants une épreuve d’inhibition afin d’évaluer le lien entre le développement de la théorie de l’esprit et le développement des capacités d’inhibition. Le rôle du langage étant bien établi dans le développement de la théorie de l’esprit (Milligan, Astington & Dack, 2007), une évaluation du niveau de vocabulaire de chaque enfant sera proposée afin de contrôler ce facteur.