25ème congrès de l'AFPEN

Montpellier 2017

Jean MALKA

Médecin, psychiatre, CHU d’Angers

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Le soleil a rendez-vous avec la lune : le malentendu de la transmission.

- L’enfant naît prématuré. Il ne peut se débrouiller seul et a donc "tout à apprendre" pour "connaître". Mais le savoir n’est pas la connaissance : très tôt, l’enfant possède un savoir sur un monde qu’il ne connaît pourtant pas. Le tout petit possède ses propres théories infantiles sur la sexualité, sur ses origines, sur la mort etc. Il s’agit bien là d’un savoir puisé dans sa propre vie fantasmatique inconsciente, elle-même issue de sa rencontre avec le monde qui l’entoure. A l’opposé, "apprendre" implique d’aller chercher des objets chez un autre que soi, auquel on attribue - au départ du moins - non pas un "savoir en plus" mais une autorité. Un autre que l’enfant autorise – précisément – à pénétrer dans son univers. Et cette "autorisation" de l’enfant envers l’adulte ne peut être que le fruit d’une rencontre entre deux appareils psychiques, entre deux désirs, entre deux sujets de désir : l’élève et le maître. Une ligne de tension s’établit ainsi entre apprendre (de l’autre) et savoir (position fantasmatique de tout enfant, mais parfois aussi malheureusement de l’enseignant lui-même).
Savoir et apprendre se révèlent ainsi être de deux natures différentes, avec tout le malentendu que cela implique, malentendu en tant que lieu même de la rencontre souvent féconde, mais parfois manquée aussi, entre l’enfant et l’adulte.


Références Bibliographiques

- Auteur de :

  • Le désir d’apprendre, Enjeux et dynamiques de la relation d’apprentissage, 2014, Coll. Rue des écoles, Editions L’Harmattan.

- Autres :

  • E. Laurent, Lost in cognition, Psychanalyse et sciences cognitives, Ed. Cécile Defaut, coll. Psyché, 2008.
  • P. Ricoeur, L’identité personnelle et l’identité narrative, Le soi et l’identité narrative, Soi-même comme un autre, Paris, Le Seuil, 1990
  • R. Gori, La fabrique des imposteurs, éditions Les Liens qui Libèrent, 2013.